Parque National Torres del Paine
Grande randonnée en Patagonie
Arrivés samedi 22 octobre à Punta Arenas, la plus grande ville de Patagonie, nous sommes tout de suite accueillis par Patricio, rencontré sur Internet. Nous passons le week end chez Cécilia, une de ses amies, chez laquelle loge aussi un jeune russe de Saint Petersbourg, Grégory. Petite comunauté multi-culturelle bien sympathique, nous passons un très agréable moment dans cette ville au climat "belge" (enfin de la pluie et des nuages! Ca nous manquait...).
Nous quittons nos hôtes le dimanche pour Puerto Natales, un peu plus au nord ( pour voir la situation de ces villes, rendez-vous au premier article de ce blog intitulé "Bienvenue"!) et y trouvons un logement pour la nuit.
Lundi matin, réveil à 6h et bus à 7h pour le fameux Parque National Torres del Paine, le parque dont tout le monde nous parle et qui est parait-il, le plus beau du continent. Durant le trajet en bus, nous sommes secoués lorsque le chauffeur évite un ñandu se promenant au milieu de la route... nous observons aussi des guanacos. Nous sommes vers 10h au Parque et commençons directement notre marche... très doucement car nous nous arrêtons tous les 10 mètres pour prendre une photo! Les 10 premiers km sont faciles, nous en sommes très content. Mais après, les choses se corsent... Le sentier est de plus en plus étroit et monte en permanence, nous longeons une falaise impressionnante, devons traverser de petits torrents de montagne... Pas peur, nous avançons en riant! Et n´oublions pas de prendre des photos! Nous atteignons enfin notre premier camping vers 17h, y installons notre tente et un tapis de journeaux comme lit, puis repartons en direction du "Mirador Paine". Là, le sentier se résume à quelques points rouges sur les rochers... nous faisons de l'escalade, puis nous enfonçons la neige...! Mais l'épreuve en valait la peine: le mirador est magique! Très heureux et après un petit repos, la descente est rapide et nous savourons vite un bon plat de spaghetti avant de nous mettre au "lit". Et là, le calvaire commence... Les heures sont interminables et nous craignons de mourir gelés... On nous avait bien prévenu de ce gel nocturne, mais nous n'avions pas vu que nos sacs de couchages étaient si légers!
Le lendemain arrive enfin et nous repartons vite, car la route est longue jusqu'au camping suivant. Nous descendons à toute vitesse, malgré la fatigue que nous ne sentons pas encore. La fin de journée est longue, et le camping suivant semble inatteignable... La pluie nous rafraichit bien et quand nous arrivons enfin au camping, nous devons monter la tente sous la pluie, qui n'en finit pas. Deux jours de marche et déjà nous constatons les dégâts: nos pieds sont couverts de cloches! Nous les traitons avec notre pharmacie de fortune (nous voyageons très léger) et nous installons pour la nuit, après un bon spaghetti. Nous organisons nos lits differement, mettons un pull, et... gelons toute la nuit. Nous décidons alors de racourcir notre séjour à 4 nuits et non 5 comme nous l'avions prévu.
Le mercredi matin est enfin là, et nous sommes sortis du lit par une canadienne qui nous annonce l'innondation du camping... Nous sortons en triple vitesse et rangeons notre campement avant de reprendre la route, marchant sur nos cloches... Petite journée de marche, en km, mais nous prenons le double du temps prévu. Nous nous offrons un chocolat pour nous encourager et atteignons enfin le superbe glacier! Quand nous sommes au camping le soleil est déjà bien bas. Mais l'avantage de ce grand sud, c'est que le coucher de soleil dure une demi heure et qu'il fait encore clair longtemps après! La lumière est superbe. Notre camping est au bord de l'eau. Dimitri lance des pierres sur les icebergs et Ariane mitraille de photos. Ce camping étant payant, il y a des douches! Nous savourons une longue douche bien chaude avant de retourner dans le froid pour manger notre traditionnel spaghetti... Cette nuit, nous dormons un peu, malgré le froid, malgré nos muscles et nos pieds douloureux... la fatigue l'emporte! Dans la nuit, Ariane croit entendre quelqu'un trébucher sur l'auvent et un peu plus tard, à demi consciente, pense qu'un gros chat frôle la tente. Mais Dimitri dort enfin, alors elle ne dit rien et ne chasse pas "l'intru"...
Au petit matin, Dimitri sort de la tente et se demande où sont les bottines d'Ariane. Nous avions mis nos bottines sous l'auvent, après deux mois de voyage, vous comprenez... Donc plus de bottines. Nous ouvrons l'auvent et en appercevons une au milieu du camping... Ha, la bonne blague! Nous râlons et allons la prendre. Dimitri se met alors en quête de l'autre, pendant qu'Ariane fait le petit déjeuner, range tout, démonte la tente... Une heure de recherche sans succès. Nous sommes aidés par les responsables du camping jusqu'à ce que l'un d'eux nous disent "the Fox". Nous ne le croyons pas et pensons toujours à une blague... Quand un mec vient nous raconter qu'un renard a pris sa chaussure deux nuits plus tôt et qu'ils ont cherché partout sans résultat! Il nous prête une très vieille paire de bottines, pour pouvoir regagner une entrée du parc et nous repartons, déçus d'avoir perdu une chaussure et deux heures à la chercher en vain, mais riant de cette curieuse aventure... Qu'est-ce qu'un renard peut bien faire d'une bottine gauche? Nous marchons encore plus doucement ce jour-là, à cause de l'état pitoyable de nos pieds, du manque de sommeil et des bottines d'Ariane qui prennent l'eau et la boue... Nous nous arrêtons après 5h de marche seulement et décidons de repartir le lendemain en bateau, pour nous épargner les 10h de marche restant.
Epuisés mais ravi par notre grande randonnée, nous quittons le parc le vendredi en bateau et retournons pour une nuit à Puerto Natales avant de regagner avec bonheur, le samedi, notre nouveau "chez nous": la maison de Cécilia!